Confiné avec votre animal : les astuces pour que l’enfermement ne tourne pas au vinaigre !

Voilà maintenant plus d’un mois que vous êtes confinés – et miracle, personne ne s’est encore entretué au sein de votre foyer – ni vos enfants (si vous en avez), ni votre chien, ni votre chat.

Voici quelques astuces pour vous assurer que tout ce petit monde continue à vivre en harmonie – malgré les contraintes actuelles.

Car oui, le confinement augmente les risques de morsures, griffures, et autres accidents avec vos animaux.

Les attestations de déplacements dérogatoires sont claires : les promenades avec son animal sont autorisées, mais :
– Limitées à une heure par jour ;
– À moins d’un kilomètre de votre domicile.

Si vous aviez l’habitude de prendre la voiture pour laisser votre chien gambader pendant des heures en forêt, il risque d’avoir du mal à supporter ce nouvel emploi du temps.

De même, les enfants ne sont plus à l’école. Ils sont enfermés avec vous, et cherchent (parfois désespérément) un moyen de rompre l’ennui. Votre chat, qui avait alors l’habitude de sommeiller 20 heures par jour, est maintenant constamment sollicité. Comment vit-il ces nouvelles conditions de vie ?

Tout ce petit monde va-t-il réussir à tenir ainsi jusqu’à la fin du confinement ? Allons même plus loin : ce contexte particulier nous permettra-t-il de revoir notre manière de vivre avec nos animaux ?

Le chien et le chat sont les deux espèces les plus impliquées dans la vie quotidienne de l’Homme. Elles se sont peu à peu adaptées au mode de vie que nous leur imposons. Passer la majorité de leur temps en intérieur ; dépendre entièrement de nous pour les sorties ; les repas ; ou quelconque activité.

Le confinement rend cette dépendance, cette proximité, encore plus évidente. Mais surtout, il nous donne l’occasion de remettre en question certaines de nos habitudes pour réussir à mieux vivre avec son animal.

Ces quelques conseils vous aideront à prévenir les risques liés à ce contexte, en se concentrant plus particulièrement sur le chien. Mais vous pourrez les appliquer même après le 11 mai : ils seront toujours valables !

Première astuce : on tire le meilleur des promenades quotidiennes !

Les promenades sont limitées à une heure quotidienne. Pour certains chiens très énergiques, c’est peu. Sans pouvoir se dépenser, ces chiens deviennent tendus ; nerveux. Les accidents sont ainsi plus vite arrivés.

A vous donc de rendre cette petite heure de promenade aussi enrichissante et énergivore possible.

Pour commencer : variez les endroits. Certes, vous devez rester dans un rayon d’un kilomètre de votre domicile ; mais si possible, empruntez à chaque fois des rues différentes. Ne vous limitez pas au square du coin. À chaque fois que votre chien découvre un nouvel endroit, il renifle et analyse toutes les nouvelles informations que cet environnement lui procure. Cela lui impose de réfléchir, et va bien plus le fatiguer qu’un vulgaire tour de pâté de maisons.

Ensuite, donnez-lui un maximum de liberté. On oublie la laisse courte et les coups de collier. Gardez la laisse aussi longue que possible. Laissez votre chien renifler. Prenez votre temps.

La promenade, c’est son moment où il peut « souffler » – surtout s’il y a beaucoup de chahut à la maison. Alors, laissez-lui un maximum d’indépendance ; ne l’appelez pas sans arrêt ; et permettez-lui de vaquer à ses occupations (dans la limite de la longe, si vous êtes en ville).

Deuxième astuce : On n’oublie pas le bénéfice des activités masticatoires !

Une fois la promenade finie, il faut pouvoir occuper votre chien à l’intérieur. Un chien dort en moyenne 12 heures par jour. Il vous reste donc 12 heures à combler dans sa journée pour qu’il soit pleinement épanoui !

La mastication vous sera alors d’une grande aide.

D’abord, parce qu’elle est très énergivore – c’est un excellent moyen de dépenser et d’occuper votre chien.

Ensuite, parce qu’elle produit un effet apaisant sur le chien. Si vous sentez qu’il est nerveux, ou excité, vous pouvez lui donner les choses suivantes :
– Un Kong rempli de pâtée (vous pouvez préalablement le congeler pour qu’il dure plus longtemps)
– Un os cru et charnu, de taille adaptée à votre chien
– Des nerfs de bœuf
– Des oreilles de cochon…

Et, en bonus, la mastication, en plus d’être un besoin essentiel, participe aussi au détartrage des dents ! On prend soin de sa santé, et on évite les bêtises et les accidents.

Troisième astuce : On occupe son chien de chez soi grâce à des activités cognitives

Avec une heure de promenade quotidienne, nos chiens bénéficient de peu d’activité physique. Ils sont donc un surplus d’énergie qui risque de se transformer en frustration.

Heureusement, il y a les activités cognitives ! On a tendance à l’oublier, mais nos chiens ont besoin de réfléchir. Les dépenses intellectuelles sont d’ailleurs aussi (voire plus) énergivores que des séances de sport !

Les options sont nombreuses. Vous pouvez, par exemple, faire des jeux de flair avec votre chien – comme cacher des friandises dans l’herbe de votre jardin, ou même un peu partout dans votre maison en faisant participer les enfants.

Vous pouvez aussi enrichir son environnement en construisant des parcours au sein de votre maison – un tunnel sous la table, un fort avec les coussins du canapé, un pont avec les chaises… Ressortez vos vieux draps, d’anciennes peluches… Découvrir un nouvel environnement fera réfléchir votre chien – et l’amusera beaucoup ! Attention toutefois à ce que cette activité ne génère pas trop d’excitation !

Enfin, profitez du confinement pour apprendre de nouveaux tours à votre chien. Cela consolide votre lien de complicité, mais surtout cela le force à réfléchir. C’est peut-être l’occasion de vous lancer dans le Clicker Training, le Dog-dancing, ou le pistage, de l’intérieur de votre maison !

Lors de ces nouveaux apprentissages, travaillez toujours en positif, avec des friandises très appétantes. Et surtout : faites participer toute la famille – y compris (et surtout !) les enfants !

Justement, parlons-en des enfants :

Quatrième astuce : On profite du confinement pour rappeler les règles de base à ses enfants !

Votre chien ou votre chat n’a pas l’habitude d’être enfermé toute la journée avec vos enfants. Aussi gentils soient-ils, votre animal peut devenir irritable, à force d’être constamment sollicité par ces petits humains.

N’oublions pas que la majorité des victimes de morsure sont des enfants, et que le chien est le plus souvent le chien de la famille… qu’on avait laissé sans surveillance avec les petits.

Le contexte du confinement rend ces accidents plus probables – alors n’oublions pas ces quelques règles essentielles, pour la sécurité des enfants, mais aussi de votre chien!

On ne laisse jamais son enfant sans surveillance avec votre chien.

Votre enfant a beau être gentil et bienveillant, il n’est peut-être pas encore capable de lire les comportements de votre chien ; de comprendre quand il est mal à l’aise.

La plupart des chiens n’apprécient pas les câlins serrés ; qu’on vienne les déranger quand ils sont dans leur panier ; ou qu’on leur arrache leur jouet. Malheureusement, nos enfants ont tendance à l’oublier !

Alors soyez vigilant : on ne laisse jamais son enfant seul avec son chien ou son chat. Même l’animal le plus gentil du monde peut en avoir marre qu’on lui dire les poils, les oreilles ou la queue.

Pensez bien, et apprenez à votre enfant à toujours appeler l’animal pour voir s’il a envie d’interagir. S’il ne vient pas on le laisse tranquille !

On apprend à lire son chien – et on partage ce savoir avec les enfants !

Non, un chien qui montre les dents ne « sourit » pas. Non, quand il grogne, ce n’est pas un ronronnement : c’est parce qu’il est énervé. Vous en êtes conscient – mais est-ce le cas de votre enfant ?

Apprenez, ensemble, à reconnaître les signaux d’inconfort chez le chien. Je vous en cite quelques-uns, plus subtiles que le grognement :
– Plaquer les oreilles en arrière
– Cligner ou plisser les yeux
– Se lécher la truffe ou bailler de manière répétitive
– Une position plutôt tendue, l’échine courbée
– Le chien (ou le chat) essaye de partir ou détourne la tête
– Le regard en coin, qui laisse apparaitre le blanc des yeux…

Ces signes sont l’expression d’un inconfort. Parfois, ils précèdent la morsure. Il est important que vous sachiez les repérer – et votre enfant aussi.

Si votre chien exprime un tel inconfort : arrêtez immédiatement ce que vous faites, et laissez-le tranquille. Surtout s’il n’a pas de possibilité de s’extraire de la situation !

On associe les enfants à quelque chose de positif !

Il faut comprendre nos chiens : les petits humains ne sont pas toujours tendres ; ils font beaucoup de bruit ; et ils sont plutôt envahissants. On ne peut pas leur en vouloir si, parfois, ils en ont assez de partager leur foyer avec eux.

Heureusement, cette situation n’est pas irrémédiable. Vous pouvez créer un environnement qui permettra à votre chien d’apprécier vos enfants. Il suffit de les associer à quelque chose de positif.

Voici quelques idées :
– Votre enfant peut vous accompagner lors des promenades. Cela peut même être lui qui annonce l’heure de la balade !
– Vous pouvez apprendre à votre enfant à donner la gamelle au chien, lorsque c’est l’heure du repas (attention néanmoins à bien travailler la gestion de ses émotions au préalable, pour éviter que votre chien se jette dessus quand il entend le bruit de ses croquettes dans la gamelle !).
Une fois les gamelles distribuées, assurez-vous que votre enfant ne dérange pas vos animaux pendant les repas.
– Faites participer votre enfant aux nouveaux apprentissages avec votre animal. Si vous travaillez en positif, votre chien va adorer ces séances d’exercice. Si le « petit humain » y participe, et distribue, lui aussi, des friandises, votre chien risque de le porter dans son cœur bien plus facilement. Il sera alors plus tolérant, même si votre enfant est parfois un peu trop envahissant à son goût !
– À chaque fois que votre chien a un contact avec votre enfant (même s’il s’agit simplement du « petit humain » qui passe à côté de son panier) : récompensez-le. Votre chien va peu à peu associer votre enfant à quelque chose de très agréable – plutôt qu’à une nuisance sonore 😉

Cinquième astuce : On renforce le calme !

Quand on éduque son chien, on a souvent tendance à récompenser l’action : quand votre chien court pour venir au pied ; quand il fait le beau ; quand il attrape une balle…

Mais on ne récompense jamais un chien qui est calmement allongé dans son panier. C’est dommage ! Surtout si votre chien peine à se canaliser.

Votre chien doit apprendre que le calme, ça paye aussi. Ainsi, il sera moins susceptible de s’exciter à chaque fois que quelqu’un passe à côté de lui en courant ; fait tomber sa tartine au sol ; ou si le chat a un excès de folie.

Prenez l’habitude de récompenser votre chien s’il va de lui-même à son panier ; ou s’il choisit de rester apaisé malgré l’excitation ambiante. Vous renforcez ainsi les comportements de calme – et limitez les accidents liés à un trop-plein d’excitation.

Aménager un espace dédié aux enfants (tapis de jeux, la chambre) et un espace dédié au chien loin des passages pour la tranquillité de chacun.

Sixième astuce : On apprend à… ne rien faire !

Il est tentant de profiter du confinement pour faire un tas de choses avec son chien – mais il est aussi important de ne pas le surstimuler.

« Ne rien faire » est un apprentissage important pour ne pas avoir un chien frustré lorsque nous n’aurons pas le temps de nous occuper d’eux. Ne donnez donc pas d’attention à votre chien à chaque fois qu’il en réclame.

Si à la rentrée, vous ne serez pas disponible pour lui 8 heures par jour, prévoyez des séances où votre chien peut s’occuper seul, pendant vos horaires d’absences habituelles.

Vous pouvez évidemment profiter d’être à la maison pour mettre en place des apprentissages, mais ne les travaillez pas toute la journée. Laissez un peu de répit à votre chien.

Gardez les sessions courtes et surtout, une fois le confinement fini, n’abandonnez pas toutes activités avec lui.

Vous avez maintenant les clefs pour bien vivre le confinement en famille, jusqu’au 11 mai – et au-delà ! Continuez à appliquer ces conseils même à la reprise de vos activités.

Prenez bien soin de vous, de vos proches, et de vos animaux – particulièrement en ce moment !

Ophélie, rédactrice pour Chien Vie et Santé & Animal University