Métiers animaliers : se spécialiser, c’est gagner !

Si vous rêvez de travailler dans le monde animal – et surtout, d’en vivre, vous avez deux options :

La première, dont je vous ai parlé dans une lettre précédente, est de se diversifier. Un éducateur canin aura d’autant plus de sources de revenus s’il propose également ses services en doggy-sitting, ou en zoothérapie. Pratique, car le marché de l’éducation canine est de plus en plus concurrentiel.

La seconde option, c’est de faire tout l’inverse… Et au contraire, de se spécialiser dans un domaine bien particulier. Un domaine qui vous tient à cœur. Un domaine peu répandu. Un domaine qui vous différencie de vos concurrents.

Comment choisir son domaine de prédilection ? Comment s’y former ? Comment réussir ainsi à vivre de sa passion ?

Je choisis de me spécialiser… Mais dans quel domaine ?

Vos options sont nombreuses. Éducation du chiot ; pratiques ‘animal-friendly’ en clinique vétérinaire ; médiation animale… Comment s’y retrouver ?

Facteur évident, mais souvent oublié : votre spécialisation doit vous plaire.

C’est essentiel ! Après tout, c’est en pratiquant cette activité que vous allez occuper votre avenir professionnel. Autant que cela vous passionne !

Éléonore Buffet, éducatrice et comportementaliste canine, est justement une professionnelle qui a percé grâce à la spécialisation. Aujourd’hui, Éléonore est une experte dans la rééducation de chiens ‘difficiles’.

Éléonore témoigne : « J’ai choisi de me spécialiser dans ce domaine parce que j’aime le challenge. Quand c’est trop facile, je m’ennuie ! La rééducation des chiens difficile me pousse à me dépasser. Il y a toujours un chien qui remet en question nos acquis ; un binôme humain-chien qui ne rentrera pas dans les cases. À chaque fois qu’on pense avoir trouvé LA méthode, on tombe sur un nouveau cas. Il faut continuellement trouver de nouvelles approches.

Lors de différentes formations que j’ai suivies, notamment au Québec, j’ai ouvert les yeux sur d’autres possibilités que la rééducation bienveillante offrait. Il existe toujours une solution, même pour les chiens qu’on considère comme des ‘cas perdus’. »

Deuxième condition pour choisir sa spécialisation : trouver un marché.

Si vous vous spécialisez dans l’éducation des chiens de troupeau, alors que vous vivez en centre-ville de Paris… Vous aurez bien du mal à vendre vos compétences.

Éléonore nous explique : « Votre domaine de spécialisation doit vous passionner… Mais cela doit aussi être une passion ‘rentable’ ! Choisissez une spécialisation où il y a un marché, avec des gens assez intéressés pour payer vos services.

Par exemple, un Assistant Spécialisé Vétérinaire (ASV) a tout intérêt à se spécialiser sur l’approche ‘animal-friendly’ en clinique. Ce sont des compétences qui sont très prisées : l’ASV sait ainsi comment penser le parcours de soin de l’animal – de l’arrivée en salle d’attente, jusqu’au retour de son maître. Ainsi, le chien est bien accueilli, et on réduit l’anxiété au minimum.

C’est une spécialisation à la fois passionnante et utile, car cela répond à une vraie éthique (l’animal est content de venir), mais aussi à la demande des clients – et des cabinets vétérinaires. »

Quelle est l’importance de la formation ? À quel moment puis-je me lancer dans le grand bain ?

Pour réussir à percer dans votre domaine de spécialisation, il n’y a pas de secret : il faut faire partie des meilleurs. Et sans formation, c’est tout simplement impossible.

Privilégiez d’abord une formation à la fois théorique et pratique. Je reprends ici le témoignage d’Éléonore :

« Ma première formation en éducation canine était très théorique. Elle m’a donné beaucoup de rigueur, mais aucune compétence pratique. Un mois après la fin de la formation, je me suis fait gravement mordre. À l’évidence, je n’avais pas encore assez de compétences pour exercer.

Il n’y a qu’en se confrontant à des animaux différents qu’on apprend et qu’on se forme réellement. Oui, la théorie est nécessaire. Néanmoins, il n’existe pas UNE méthode miracle sortie d’un bouquin, ou d’une semaine de formation, qui fonctionne sur tous les chiens. La pratique est essentielle ! »

Il est donc crucial que votre formation vous permette de traiter des cas pratiques ; d’appliquer vos connaissances théoriques à des situations réelles. Cela vous donnera d’excellentes bases pour ensuite vous lancer dans le grand bain… Et démarrer votre activité, étape appréhendée par beaucoup d’élèves. Éléonore nous explique :

« J’ai eu énormément d’élèves en fin de formation qui n’osaient pas encore s’installer, qui voulaient continuer à se former. Ils voulaient attendre d’être parfaits avant de se lancer. Or, on n’est jamais parfait ! Moi-même, après presque 20 ans de pratique, je fais encore des erreurs.

Il n’empêche qu’on peut être excellent. La perfection et l’excellence ne sont pas la même chose – au contraire, elles s’opposent ! Et on devient excellent en le vivant, et en le pratiquant.

Certes, on ne sort pas excellent d’une formation. On ne sort excellent que quand on s’est confronté au terrain. Ce qui nous permet de savoir si on a réussi ou pas, ce n’est pas le nombre de formations : c’est l’évolution comportementale du chien qui nous est confié, et si on a réussi à atteindre les objectifs qu’on s’est fixés. »

Alors verdict : vais-je réellement mieux gagner ma vie si je me spécialise ?

Oui : mais à condition d’être excellent. « Si vous êtes bons dans ce que vous faites, les gens en parlent – vous percez ainsi plus facilement dans le domaine dans lequel vous vous spécialisez. » Et c’est ainsi que vous sortez du lot, et vous vous garantissez un revenu grâce à votre passion.

Car il faut voir la réalité en face : les métiers du monde animal ont le vent en poupe. Il devient difficile de sortir du lot de professionnels pour se démarquer en éducation canine ; pour se faire embaucher dans un cabinet vétérinaire ; ou pour devenir salarié d’un refuge (pour ne citer que quelques exemples).

Prenons l’exemple d’un cabinet vétérinaire, en région parisienne, qui souhaite embaucher un nouvel assistant. Comment vous faire remarquer parmi les centaines de candidatures qu’ils auront reçu ? Comment vous assurer que votre CV sorte du lot ?

C’est là qu’il est primordial de vous spécialiser dans une branche particulière ; un domaine qui vous différenciera des candidats concurrents.

Indiquez, par exemple, en gros sur votre CV, que vous avez suivi une formation pratique sur l’accueil ‘animal friendly’. Précisez que vous savez comment habituer progressivement, et de manière bienveillante, les animaux au contact des vétérinaires ; aux manipulations utiles à leur santé. Monter sur une table ; se faire ausculter les oreilles ; se laisser couper les griffes… Sans le subir comme une contrainte. C’est un savoir peu répandu, mais qui est un véritable atout dans une clinique vétérinaire. Et c’est ce qui peut mettre toutes vos chances de votre côté pour votre future embauche.

Je donne ici l’exemple des formations ‘animal friendly’ pour être auxiliaire vétérinaire, mais vous spécialiser vous sera utile dans toutes les professions du monde animal. Vous pouvez vous spécialiser dans la rééducation de chiens agressifs si vous êtes éducateur ; dans la prévention du risque de morsure pour pratiquer le toilettage canin sans stress, ou si vous faites de la médiation animale – notamment dans les écoles…

Vous ajoutez une corde à votre arc, grâce à laquelle pourrez encore mieux vivre de votre passion.

Ophélie, rédactrice chez Animal University et Chien Vie et Santé